22 septembre 2008
Déchets radioactifs en Région Champagne-Ardennes?
La "consultation - communication " de l’Andra* a débuté. L'État tente d'approcher 222 communes de la Marne et des Ardennes pour leur demander de faire un choix quant à la possibilité d'accueillir la "Poubelle radioactive" de la France (déchets radioactifs à vie longue), voir de l'Allemagne, la Belgique et pourquoi pas de l'Europe entière. L'argument clé de cette "consultation - communication" est la manne financière promise aux localités qui accepteraient.
Depuis une quinzaine d'années l'Andra a installé son site expérimental à Bure pour connaître les possibilités d'enfouissement des déchets radioactifs dans l'argile. On peut noter que le site est situé dans une zone à cheval entre la Meuse et la Haute-Marne, aux sources de la Meuse, de la Marne... sur la ligne du partage des eaux des bassins de la Seine, du Rhône et de la Meuse. Les raisons du choix du site géologique de Bure n'ont jamais été réellement débattues, toujours est il que les zones où il était également prévu d'étudier la possibilité d'enfouissement des déchets comme dans le granit n'ont pas eu lieu. Peut-être que les zones granitiques sont peuplées de citoyens moins crédules? De cette étude il est prévu d'en extrapoler les résultats aux zones géologiques supposées similaires, l'argile. Une quinzaine d'année - et ce n'est pas fini - sont nécessaires pour appréhender les propriétés physico-chimiques (dispersion, diffusion, perméabilité, ...) de la couche d'argile étudiée. Si le "stockage" des déchets devait être choisi dans un autre site que celui de Bure, des études similaires devraient impérativement être effectuées. En effet les propriétés des argiles varient en fonction de nombreux paramètres qu'il n'est pas possible d'extrapoler d'un site à un autre. L'argile comme nous le savons tous est une roche qui change de propriété physique à la moindre variation des conditions extérieures : température, humidité, pression,... De plus, cette étude ne prévoit pas la possibilité de retraitement des déchets enfouis si une solution venait à être trouvée dans les dizaines ou centaines d'années prochaines. Ainsi la diffusion radioactive engendrée serait définitive, à moins de traiter les milliers ou millions de mètres cube de roche contaminée. L'aléa existe, le risque est grand.
Une commission scientifique doit contrôler les études menées par l'Andra dans le centre de recherche appliqué de Bure. Le manque de transparence qui entoure les avis de cette commission scientifique ne permet pas d'avoir un avis tranché sur la question. La seule communication qui nous parvient c'est justement celle de l'Andra... et faut voir laquelle (livres, interviews bidons de spécialistes, portes ouvertes avec loteries, développement économique, ...)
Le choix des 222 communes des déchets radioactifs à "faible activité et à vie longue (FAVL)" est le résultat d'une simple supposition de similarité de propriétés physiques des argiles avec les argiles de Bure (résultats obtenus par l'Andra elle même). La démarche employée est soit disant fondée sur"le volontariat des collectivités locales, dont la géologie est potentiellement favorable." Mais quelle collectivité peut être volontaire sans engager la volonté des collectivités environnantes ? Qui peut se laisser amadouer par une supposée "opportunité de développement économique" ?
Les nombreux risques et le peu de certitude qui entourent la filière nucléaire dans laquelle s'inscrivent ces centres de stockage des déchets radioactifs ne sont pas à monnayer. Aucune manne financière ne peut garantir la sûreté nucléaire de ces enfouissements. Aucune manne financière ne sera jamais assez forte pour contrecarrer le risque et l'image d'une telle implantation dans la région. Au moment où de nombreux incidents nucléaires sont enfin - au moins partiellement - rendus publics (Tricastin, Charleroi, la Hague...), il serait inconsidéré pour toute une région de se lancer dans une tel stockage. Les comptes en banque, le plan de carrière ou encore les "copinages" des élus qui autoriseraient sans concertation démocratique une telle déchetterie doivent être suivis de près...
*Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, établissement public à caractère industriel et commercial
Lien sur le même sujet: Verdun bienvenue en Meuse
Commentaires
En effet...
Le risque est grand et la communication de l'ANDRA est bien rodée.
Espérons qu'un élu n'emmènera pas toute une région dans cette poubelle...
Agile
Merci cet article, surtout pour le point de vue hydrologique sur la ligne de partage des eaux.
Le granite, cela aurait été encore pire, non ? La circulation d'eau est imprévisible dans un milieu fracturé.. En tous cas c'est clair que le débat a été tranché à la "va-vite" ! (on se demande par qui ???)
Mais concrètement que faire de ces déchets ?
Et puis.. avec un peu de chance les radiations pourront réchauffer la région... ;-)
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